Texte Libre

Mais qu'est ce que c'est?

C’est un joyeux bazar issu d’un atelier journal.
Chaque semaine, un groupe se réunit, muni de feuilles et de stylos, de beaucoup de mots et d’imagination. Autour de ces instants de rencontre et d’échanges, des textes émergent : abécédaire poème, article, recette…
Ce blog sert de journal de bord à l’atelier, il permet de partager ces mots griffonnés, ces textes rapportés ou crées par les participants de l’atelier.
De temps en temps, au-delà du numérique, un journal sera édité regroupant ainsi ces écrits. Et permettant à chacun de conserver une trace … manuscrite.
Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 15:57

 

    La brume tombait déjà sur la montagne. Les nuages recouvraient les pics enneigés des Pyrénées. Les rochers escarpés s'imposaient à son pas. Les cailloux roulaient sous ses pieds endoloris. Elle n'avait pas entendu le tintement de la cloche du village qui signait l'Angélus. Elle retenait son souffle à chaque bruit aussi ténu fût-il. Il lui semblait avoir grimpé des kilomètres après s'être écartée du chemin balisé. Il lui fallait se rendre à l'évidence: elle était perdue, sans carte, sans boussole, sans lampe de poche. Que pouvait-elle faire? Elle se rappela soudainement les épisodes où sa maîtresse lui faisait réciter ses leçons et qu'elle ne pouvait les sortir de sa bouche bien que les connaissant par coeur. Il lui fallait alors déjà trouver des stratégies pour retrouver son chemin, pour se rassembler. Que faisait-elle alors pour ne pas paniquer? Ah oui! Ca y est! Elle comptait jusqu'à mille, deux mille, etc.jusqu'à ce que sa maîtresse lui intimât l'ordre de s'asseoir. Donc, il fallait compter, ça lui permettrait de se sentir moins perdue. Elle commença à compter ses pas. C'était devenu autant un sport cérébral qu'une pratique physique. Elle avait beau humer les essences aromatiques des plantes sauvages tels le thym et la lavande qui d'habitude la relaxaient, elle n'arrivait pas à se détacher de cette idée fallacieuse: « Je vais avoir une angoisse! ».

Mais non, sa combativité reprenait le dessus et elle comptait dorénavant à haute voix: « deux cents, deux cent un...trois cents...déjà quatre cents pas et elle ne percevait toujours pas âme qui vive. Cette randonnée solitaire qui devait être une partie de plaisir tournait décidément au cauchemar.

Elle s’enfonçait petit à petit dans le coton nébuleux. Elle essaya de fixer son regard droit devant, ainsi ses pieds l’amèneraient forcément dans un endroit, un quelque part espéré et inaccessible. Elle continua donc de compter ses pas nonobstant les ruisseaux, les rochers, les épines et les moucherons.

Brusquement , son pied droit glissa, elle venait de marcher sur quelque chose de rugueux et glissant à la fois. Elle ne parvint pas à se rattraper, ses deux pieds maintenant lui échappaient, elle se sentit comme happée par le vide ; elle ne tenait plus que par ses doigts écorchés accrochés aux rochers moussus ; elle tourna la tête délicatement pour regarder sous ses jambes pendantes. « Horreur, c’est le précipice ! »s’écria-t-elle. Elle avait les doigts engourdis, blessés par la rugosité des rochers, elle sentait qu’elle allait perdre prise ; alors lui revinrent des images de son enfance quand sa mère se penchait vers elle la nuit lorsqu’elle pleurait réveillée en sursaut par un cauchemar. : « Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’un cauchemar, » lui susurrait-elle d’une voix rassurante, « agrippe-toi à la réalité, accroche-toi à la vie ». Alors elle s’entendit crier ces paroles venues du fond des âges : «Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’un cauchemar, agrippe-toi à la réalité, accroche-toi à la vie ». Elle sentit son corps se raidir, ses joues desséchées commençaient à s’humidifier, elle pleurait des larmes glacées, humiliantes, endolories, même pas de « chaudes larmes » comme on dit si souvent. Elle sanglota même, ses mains rougies par l’effort commençaient à saigner. Elle se sentit lâcher prise. Elle était au désespoir, plus rien d’autre que la mort ne pouvait lui arriver dorénavant, elle n’aurait même pas pu découvrir les animaux sauvages : les isards, les marmottes, les buses et les renards. Tout son sang s’écoulait dorénavant le long de son corps meurtri. Elle allait céder lorsqu’une chose qu’elle ne savait définir s’empara fermement de ses deux poignets et la hissa solidement sur l’amont de la pente. C’était un berger qui menait ses moutons à l’estive. Il ne parlait pas beaucoup. Il la déposa sur le sol à l’aide de ses muscles puissants et la couvrit d’une pelisse pour la réchauffer. Il lui glissa dans la bouche le goulot d’une bouteille, c’était fort, ça sentait les plantes et l’alcool, elle reconnut de l’Izarra. « Ca va vous requinquer ».

Lorsqu’elle put de nouveau se tenir sur ses jambes, elle lui lança un « merci » plein de reconnaissance.

Les nuages avaient disparu, laissant la place à un soleil radieux ainsi qu’un ciel bleu profond. Lorsqu’elle regarda ses pieds elle aperçut un cairn, un empilement de pierres qu’érigent les randonneurs pour indiquer le chemin à prendre. A côté du cairn, une pierre plate avec une double rayure horizontale rouge avec les inscriptions :

GR 10.

En fait, elle n’avait jamais été perdue autre part que dans son esprit. Elle avait découvert plus qu’elle n’osait le penser, un grand sentiment puissant et noble : l’espoir.

Fraginfo

Par atelier journal - Publié dans : textes libres 2010
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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 15:53

photo-caterine.jpg     Un café, une tasse pleine, un morceau de sucre sur la table, une chaise vide.....Il est venu mais il est reparti. Pourquoi ne m'a-t-il pas attendue?

Sans doute un coup de téléphone lui annonçant quelque mauvaise nouvelle, ou alors peut-être s'est-il sauvé quand il m'a vue arriver. Je suis comme ça, je fais peur aux gens, ou plutôt je les fais fuir. Non, une belle jeune fille aura attiré son attention, et il l'aura suivie, il est tellement séducteur. Ou peut-être avait-il oublié de mettre de l'argent dans l'horodateur.

Bon, je vais m'asseoir et l'attendre, j'ai toujours un livre dans mon sac. Je vais commander un coca light et bouquiner. Il n'aime pas que je boive du coca light, il dit qu'il y a trop de sucre dedans; mais il n'y a pas de sucre puisque c'est du light.

Un garçon arrive:  « Pour Madame, ce sera? 

-Un coca light avec une tranche de citron et beaucoup de glaçons, s'il-vous plaît ».

Et comme d'habitude, on me porte une mini tranche de citron et deux glaçons qui se battent en duel, alors je rappelle le garçon: « Puis-je avoir plus de glace et de citron s'il vous plaît? »Il fait la moue, fait mine de ne pas comprendre et revient avec un verre entier de glaçons et une soucoupe remplie de rondelles de citron.

« Eh bien voilà, merci! »

C'est comme ça que j'aime le boire mon coca.

Comment peut-on boire un café chaud en pleine après-midi d'été à la terrasse d'un café ensoleillée?.

Je lis quelques pages, regarde autour de moi, scrutant la foule qui circule mais ne l'aperçois pas.

Son café commence à refroidir, on le voit à la fumée qui se dissipe dans l'air. Il n'a même pas pris la peine d'ouvrir l'emballage de son sucre.

Mais, si ça se trouve, ce n'est pas la bonne table, ou bien ce n'est pas le bon bar...

Mais pourtant, à bien y regarder, c'est sa façon de disposer les choses: la cuiller à l'envers sur la soucoupe, l'anse de la tasse tournée vers la droite pour ne pas le gêner dans ses gestes de droitier et le morceau de sucre à gauche pour ne pas s'emmêler les doigts autour de la tasse et de la cuiller.

Tiens! Il n'a pas payé. La note est glissée adroitement et solidement sous la soucoupe. Pourtant il n'y a pas le moindre souffle de vent en cette chaude après-midi d'août!

Peut-être a-t-il pris la peine de consulter la note et de la replacer soigneusement à son endroit initial.

Je me replonge dans mon livre avec une concentration amoindrrie. Mais où est-il passé? Je regarde l'heure: un quart d'heure de retard. Et pourtant il était à l'heure puisque son café était servi. Je savoure avec délectation mon coca citronné, lève la tête, ne l'aperçois toujours pas. Je sors de mon sac mon portable: nul message, nul appel en absence; alors j'essaie de l'appeler et je tombe sur sa messagerie.

J'essaie de me souvenir: aurait-il été contrarié par une de nos conversations de la veille?

Tiens! Un vélo attaché tout près du bar. Il est peut-être venu en vélo et se sera éclipsé quelques minutes pour acheter un journal...

C'est marrant cette chaise vide, elle n'est pas du même côté que la tasse. Peut-être aura-t-il été interpellé par la police pour une raison que j'ignore.

Bah, lui qui aime tant le café, il reviendra et demandera à ce qu'on le lui réchauffe.

Je regarde ma montre, me plonge à nouveau dans mon livre, levant le nez de temps en temps pour chercher son visage familier.

Je sirote mon coca glacé et décide d'écouter de la musique pour me détendre. Allez, j’attends encore un quart d’heure et je m’en vais. Le garçon surgit, me demande de lui régler la note, je constate qu’il m’a compté le café ; je proteste résolument : « Ce n’est pas moi qui l’ai commandé

-Peut-être, mais il est à votre table.

-Si ce n’est que ça, je vais changer de table ; je lui règle ma boisson et change de table l’air faussement décontracté. Je l’entends grommeler. Je l’appelle : « Avez-vous aperçu la personne qui a commandé le café ?

-Je viens de prendre mon service, alors, non ! »

Eh bien voilà qui a le mérite d’être clair. Lui non plus ne l’a pas vu. Je tente de l’appeler sur mon portable,…toujours la messagerie.

La chaise vide qui était exposée plein soleil se couvre d’une ombre malicieuse ; « il m’a posé un lapin », pensai-je, mais non, un lapin , c’est quand on ne vient pas du tout. Là, il est venu, il a commandé mais il n’a pas consommé.

Le café doit être tout froid maintenant. J’ai terminé mon coca, je range mon MP3 dans mon sac, referme mon livre et le glisse maladroitementdans une poche avec mon bazar.

Il ne viendra plus, je ne sais même pas pourquoi ; alors je pars sans me retourner.

Fraginfo

Par atelier journal - Publié dans : Impressions autour d'une tasse ...
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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 16:25

 

Avoir pour amour l'avenir.

Mensonge pour modeler sa mémoire.

Imaginer pour inventer ses idoles.

Créer pour croire à la communauté.

Aduler une âme pour l'apprivoiser

Lentement laisser larmoyer ses yeux.

Etre émerveillé par tout environnement.

Manoeuvrer pour manifester son machiavélisme.

Etre étonné pour évaluer son estime de soi.

Nonchalante, nul ne peut le nier.

Transcender tous les temps pour tenir tête à tout..

Par atelier journal - Publié dans : Acrostiches
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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 16:15

 

Après avoir fait plusieurs marches durant l'année, c'est enfin le grand jour: une randonnée sur le massif de la Clape. Arrivés au parking, après nous être parés de vêtements et de chaussures adéquates, nous voilà prêts pour partir. Heureusement qu'il ne fait pas trop chaud, les rayons du soleil transpercent les nuages. A travers les pins, le romarin, le thym, nous chevauchons sur un sentier pentu, escaladant quelques gros rochers. C'est un peu dur mais nous inspirons profondément et nous avons le plaisir de sentir les arômes agréables de la montagne. C'est dommage, le temps étant au marin, la brume s'étend dans le lointain et les cigales ne sont pas au rendez-vous. Après deux heures de marche, nous arrivons au sommet de la colline, et là, que d'émoi! Le point de vue sur la mer, les villages, l'étang de Bage est splendide. Il est temps de sortir nos appareils photographiques afin d'immortaliser ces paysages marins. Une petite pause, bien méritée et nous entamons la descente, aussi ardue que la montée. Après une heure, enfin le parking se projette à l'horizon. Là, à l'hombre des pins, nous allons pouvoir déguster notre déjeuner. Il était temps, car notre estomac commençait à crier famine!

JS

Par atelier journal
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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 16:11

Partir à l'aventure

Rires ou fou rires, quelle détente

Ouvrir ses yeux pour admirer la nature

Marcher à travers les sentiers boisés

Endurance, vous savez il en faut!

Nourrir son corps de temps en temps, c'est nécessaire

Avoir un pas bien soutenu pour suivre le groupe

Demander son chemin pour arriver à l'endroit dit!

Enlever toutes les idées noires de sa tête pour effectuer une bonne promenade.

 

JS

Par atelier journal - Publié dans : Acrostiches
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