Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 15:53

photo-caterine.jpg     Un café, une tasse pleine, un morceau de sucre sur la table, une chaise vide.....Il est venu mais il est reparti. Pourquoi ne m'a-t-il pas attendue?

Sans doute un coup de téléphone lui annonçant quelque mauvaise nouvelle, ou alors peut-être s'est-il sauvé quand il m'a vue arriver. Je suis comme ça, je fais peur aux gens, ou plutôt je les fais fuir. Non, une belle jeune fille aura attiré son attention, et il l'aura suivie, il est tellement séducteur. Ou peut-être avait-il oublié de mettre de l'argent dans l'horodateur.

Bon, je vais m'asseoir et l'attendre, j'ai toujours un livre dans mon sac. Je vais commander un coca light et bouquiner. Il n'aime pas que je boive du coca light, il dit qu'il y a trop de sucre dedans; mais il n'y a pas de sucre puisque c'est du light.

Un garçon arrive:  « Pour Madame, ce sera? 

-Un coca light avec une tranche de citron et beaucoup de glaçons, s'il-vous plaît ».

Et comme d'habitude, on me porte une mini tranche de citron et deux glaçons qui se battent en duel, alors je rappelle le garçon: « Puis-je avoir plus de glace et de citron s'il vous plaît? »Il fait la moue, fait mine de ne pas comprendre et revient avec un verre entier de glaçons et une soucoupe remplie de rondelles de citron.

« Eh bien voilà, merci! »

C'est comme ça que j'aime le boire mon coca.

Comment peut-on boire un café chaud en pleine après-midi d'été à la terrasse d'un café ensoleillée?.

Je lis quelques pages, regarde autour de moi, scrutant la foule qui circule mais ne l'aperçois pas.

Son café commence à refroidir, on le voit à la fumée qui se dissipe dans l'air. Il n'a même pas pris la peine d'ouvrir l'emballage de son sucre.

Mais, si ça se trouve, ce n'est pas la bonne table, ou bien ce n'est pas le bon bar...

Mais pourtant, à bien y regarder, c'est sa façon de disposer les choses: la cuiller à l'envers sur la soucoupe, l'anse de la tasse tournée vers la droite pour ne pas le gêner dans ses gestes de droitier et le morceau de sucre à gauche pour ne pas s'emmêler les doigts autour de la tasse et de la cuiller.

Tiens! Il n'a pas payé. La note est glissée adroitement et solidement sous la soucoupe. Pourtant il n'y a pas le moindre souffle de vent en cette chaude après-midi d'août!

Peut-être a-t-il pris la peine de consulter la note et de la replacer soigneusement à son endroit initial.

Je me replonge dans mon livre avec une concentration amoindrrie. Mais où est-il passé? Je regarde l'heure: un quart d'heure de retard. Et pourtant il était à l'heure puisque son café était servi. Je savoure avec délectation mon coca citronné, lève la tête, ne l'aperçois toujours pas. Je sors de mon sac mon portable: nul message, nul appel en absence; alors j'essaie de l'appeler et je tombe sur sa messagerie.

J'essaie de me souvenir: aurait-il été contrarié par une de nos conversations de la veille?

Tiens! Un vélo attaché tout près du bar. Il est peut-être venu en vélo et se sera éclipsé quelques minutes pour acheter un journal...

C'est marrant cette chaise vide, elle n'est pas du même côté que la tasse. Peut-être aura-t-il été interpellé par la police pour une raison que j'ignore.

Bah, lui qui aime tant le café, il reviendra et demandera à ce qu'on le lui réchauffe.

Je regarde ma montre, me plonge à nouveau dans mon livre, levant le nez de temps en temps pour chercher son visage familier.

Je sirote mon coca glacé et décide d'écouter de la musique pour me détendre. Allez, j’attends encore un quart d’heure et je m’en vais. Le garçon surgit, me demande de lui régler la note, je constate qu’il m’a compté le café ; je proteste résolument : « Ce n’est pas moi qui l’ai commandé

-Peut-être, mais il est à votre table.

-Si ce n’est que ça, je vais changer de table ; je lui règle ma boisson et change de table l’air faussement décontracté. Je l’entends grommeler. Je l’appelle : « Avez-vous aperçu la personne qui a commandé le café ?

-Je viens de prendre mon service, alors, non ! »

Eh bien voilà qui a le mérite d’être clair. Lui non plus ne l’a pas vu. Je tente de l’appeler sur mon portable,…toujours la messagerie.

La chaise vide qui était exposée plein soleil se couvre d’une ombre malicieuse ; « il m’a posé un lapin », pensai-je, mais non, un lapin , c’est quand on ne vient pas du tout. Là, il est venu, il a commandé mais il n’a pas consommé.

Le café doit être tout froid maintenant. J’ai terminé mon coca, je range mon MP3 dans mon sac, referme mon livre et le glisse maladroitementdans une poche avec mon bazar.

Il ne viendra plus, je ne sais même pas pourquoi ; alors je pars sans me retourner.

Fraginfo

Par atelier journal - Publié dans : Impressions autour d'une tasse ...
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